Ils furent nombreux les articles parus dans la presse ainsi que les reportages télé réalisés à Bergues. Jusqu’à présent je ne m’étais que très peu penché sur le cas des Internautes qui eux aussi prennent la parole (ou plutôt l’écrit) et y vont de leur petite chronique sur le film. Sans me vanter, il est vrai qu’elles ont été toutes élogieuses. J’en ai cependant retenu une particulièrement réaliste.
Elle a été écrite par un dénommé Francis Pull. On vient de me la remettre, je l’ai lue attentivement, je ne peux m’empêcher de vous en livrer quelques morceaux choisis :
« Le remake est le pari le plus osé au cinéma. Pourquoi faire un film quand la version originale tient la route ? Pari d’autant plus fou que la version originale en question a attiré près de 20 millions de spectateurs. Pari carrément dingue quand on réalise ce remake quelques mois seulement après la sortie du film à succès.
Et pourtant Fabien l’a fait. Jeu de mot pourri autour du nom du réalisateur de Bienvenue chez les ch’tites coquines : Fabien Lafait. Jeu de mot pourri, certes, mais qui a sa raison d’être. (…) Fabien Lafait est un réalisateur rigoureux. Rien n’est laissé au hasard. Il a respecté tous les codes de l’œuvre originale : La tendre moquerie des petites gens, la pathétique générosité enjouée des habitants de Bergues où le remake a lui aussi été tourné, le respect amusé des clichés autour de la mythologie du Nord (la friterie, l’écharpe du RC Lens dans chaque plan, etc). Difficulté suprême pour Fabien Lafait : ajouter du sexe dans un scénario qui, à l’origine, est le moins sexuel de l’histoire du cinéma depuis La grande vadrouille. (…) Et Fabien Lafait y parvient à merveille : Les scènes de cul s’intègrent parfaitement à l’histoire. On en vient même à se demander comment Dany Boon a pu passer à côté ?

Suprême délicatesse du réalisateur : il conserve le trait comique et touchant de l’œuvre originale. On s’attache à ses personnages ridicules. Fabien Lafait a inventé le tragi-comique hard. Dès la deuxième scène, nous sommes convaincus. Tony Carrera, qui reprend le rôle tenu par Kad Merad, arrive à Bergues et atterrit dans un hôtel plus ou moins tenu par Sebastian Barrio, qui lui occupe le costume de Dany Boon. Barrio pris en flagrant délit de copulation avec la femme de chambre qu’interprète Caroline Eden. Plus que de l’interprétation, c’est de l’incarnation. Des Caroline Eden, on en a tous croisé dans des Etap Hôtels de bord d’autoroute. Pas fondante mais confondant. Et Fabien Lafait, pendant l’acte, l’a fait parler ch’ti. A hurler de rire ! Ché baon, t’es un baon ch’coup, toué s’exclame-t-elle, haletante, à un Barrio qui joue le benêt attendrissant avec une aisance folle : entre Fernandel et Jean Carmet.
Dans Bienvenue chez les ch’tites coquines, tout est drôlement triste et tristement drôle. (…) Montrer la laideur dans un souci esthétique (…) Lafait, c’est le Maupassant du X.
Ne dévoilons pas la suite. Pas besoin, vous la connaissez. A moins d’avoir passé un an sur la lune. Fabien Lafait suit scrupuleusement la route de Dany Boon.
Parlons un peu du casting. Superbe de justesse. Toutes les actrices semblent sortir d’un salon de coiffure de province. Lafait a pourtant fait appel à des hardeuses professionnelles. (…) Le sens du détail est assez remarquable. La scène où Vicky Vicci, avec ses mèches mi-blondes, mi-brunes, se tape Carrera dans un camion à frites, sur fond d’huile de friture, de bière tiède et de ketchup périmé est à ce titre formidable.


Mention spéciale à Cécilia Vega. C’est la Nathalie Baye du X. Très belle sans être ostentatoire. A l’aise dans toutes les situations, dans tous les rôles. Crédible, elle ne joue pas, elle est. (…) Cécilia Vega est-elle la meilleure hardeuse du monde ? Peut-être. Elle est surtout la meilleure représentante de la french touch. Plus que Melissa ou Katsuni. »
Voilà, cet article m’a vraiment plu. Je ne connais bien évidemment pas l’auteur mais il se rapproche tout à fait de ma vision du X tel que je le conçois. Il me plaît de constater que les poupées siliconées ou exportées par certains éditeurs nantis ne correspondent pas forcément à ce que le consommateur de base attend d’un film porno. Le top de l’Erotisme dans un film de cul, c’est l’idée de proximité. Se dire que la fille que l’on voit baiser à l’écran pourrait être sa voisine de palier. Et la voisine de palier pouvant, indifféremment, être un boudin ou une bombe atomique.
Il y aura toujours un fossé entre ceux qui veulent nous donner une vision paradisiaque et « classe » du X et la réalité. Sauf que les hommes qui collaborent à cette idéologie sont les mêmes dans les deux parties. Un exemple : Tony Carrera, que l’on voit de temps en temps dans des productions haut de gamme a le rôle principal dans mon film. Et il remplit sa fonction à merveille. Pourquoi ? Parce qu’avec son air jovial il pourrait être votre boucher, votre charcutier, ou autre. Parce que dans Bienvenue chez les ch’tites coquines, il a la gueule de l’emploi. Le beauf, pathétique mais touchant. C’est pour cela que je l’ai employé. Et aussi parce qu’il est un des rares à jouer la comédie aussi bien que les scènes hard. Sebastian Barrio, cela fait dix bonnes années que nous tournons ensemble. Il peut être bourrin comme il sait être tendre. Il a en tout cas pris son rôle très à cœur et il s’est investi à 100% pour apprendre son texte, traduit en ch’ti.
J’ai pris certaines actrices professionnelles pour ce film et d’autres moins confirmées. Qu’en-est-t-il ? On retient surtout les rôles secondaires, ceux joués par des actrices moins confirmées qui pourtant, grâce à ce film, ont enfin accédé au statut de star du X (ça, c’est pas moi qui le dit, juste une constatation faite par les journalistes de la presse généraliste). Eva Karera a débuté avec moi, elle a pris son envol poussée par la galaxie Dorcel. Aujourd’hui, grâce à un label méritant elle est devenue star. Elle fait cependant toujours partie de l’écurie des Miss Illafait. Mais qui a le mieux tiré son épingle du jeu en participant à ce film ? Vicky Vicci. Sans aucun doute la plus fidèle employée d’un label basé dans l’Est de la France. La voilà qui trouve le rôle de sa vie grâce à un petit film sans prétention, produit par un éditeur qui a déjà fait ses preuves en d’autres circonstances et tourné par un réalisateur qui s’autoproclame plus indépendant chaque jour (là, je parle de moi). La preuve aussi pour les autres, les débutantes, que ni le talent ni la valeur n'attendent le nombre des années, il suffit d'être là au bon moment. Depuis Bienvenue chez les ch’tites coquines, Vicky Vicci fait de plus en plus parler d’elle, ce dont je ne peux que me réjouir. Elle le mérite. Car la France, c’est elle !
Tout cela pour vous dire qu’en cette année 2009, je m’efforcerais de poursuivre encore plus loin ma quête de hardeuses en devenir. Afin tout simplement de vous faire partager une vie toute entière dévouée au sexe et à la découverte de nouveaux talents. Et notre beau pays n’en manque pas.
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