Tout le monde connaît Cécilia Vega. Peut-être pas d’une manière aussi intime. Car lorsque Cécilia se confie, c’est à cœur (et corps) ouvert.
La petite coutume, bien que l’on te connaisse. Les présentations :
C’est simple : Cecilia Vega, actrice porno originaire de Clermont-Ferrand.
Pourquoi as-tu choisi ce pseudonyme ?
‘Vega’, parce que c’est l‘un des noms de celui qui partage aujourd’hui ma vie. ‘Cecilia’ parce qu’il n’est pas si loin de mon vrai prénom. Le tout donne une consonance hispanique qui colle avec mon sang très chaud et mon projet, à moyen terme, de partir vivre dans un pays hispanique, sous le soleil.
Quel parcours as-tu suivi pour en arriver au X ?
Libertine et sexovore, tout ce qui a trait au sexe sous toutes ses formes m’attire et me fascine. Naturellement, l’idée de me faire filmer en pleine débauche m’excitait. Je savais juste qu’il y avait beaucoup de plans de mauvais goût. Après des propositions consistant à m’enfoncer des outils ou des légumes, j’ai laissé tomber. Je ne savais vraiment pas à qui m’adresser. C’est le hasard qui m’a fait rencontrer presque deux ans plus tard Jack Tyler, qui m’a donné le premier rôle d’un film X professionnel, « Ma Nuit chez Eve » produit par V.Communications. C’était lancé…
Tes motivations pour faire du X étaient-elles aussi financières ?
Je dois avouer qu’au début, c’était pour le plaisir du cul et pour le fantasme. Mais en enchaînant les tournages, j’ai réalisé que c’était aussi un métier éprouvant physiquement et moralement. Et qui devait mériter juste rétribution à hauteur des prestations. Dès lors, je n’ai jamais perdu de tête l’aspect financier, bien que je n’en dépende pas pour vivre. Mais cela rend la vie encore plus confortable (rires).
Tu as, je crois, un métier en parallèle. Est-ce facile de concilier les deux ?
Je ne les concilie pas. Dans ma tête et dans mes agissements, ce sont deux mondes différents. Dans mon autre métier, je suis une autre personne, qui respecte à la lettre les codes de sa profession et qui l’exerce dans les règles de l’art. Qu’un client vienne me voir pour rencontrer Cecilia et il aura deux choix : tout oublier, ou être reconduit manu militari.
As-tu travaillé pour des productions étrangères ?
Absolument et de plus en plus. Cela a commencé pour les italiens d’ ATV/Pink’O, puis pour Evil Angel à Budapest. Récemment c’était pour une production franco-canadienne.
Je vais également régulièrement à Budapest.
La manière de travailler des étrangers est-elle différente des français ?
Je n’ai pas testé toutes les productions françaises. Et je ne connais que quelques productions étrangères. Mais il est certain que pour ce que j’en connais, ce sont deux mondes à part. Outre le fait de travailler sans préservatifs et avec des tests de dépistage très complets, centralisés, on sent derrière les productions une machinerie industrielle très bien rodée , qui prend très bien soin des acteurs et les rétribue véritablement à la hauteur de leurs performances. Il est certain que par exemple, à Budapest, il n’y a pas de traitement de faveur. On assure une scène ou on dégage. Et mieux on l’assure, plus on travaille. Et le salaire suit.
Parle-moi de ta première scène hard, en France.
La première était une double pénétration pour le film « Ma Nuit chez Eve » de Jack Tyler, avec Titof et Mickael Cherrito. Pas mal pour un début non ? Mais il faut dire à ma décharge que j’avais déjà l’habitude de cette pratique dans le privé et que j’adore. Toutefois, avec deux acteurs expérimentés (et bien montés) c’était encore un autre degré de plaisir…
Cela t’excite de faire l’amour devant plusieurs personnes ?
Pas forcément. En club je me fiche des autres personnes. Je suis là pour mon plaisir et celui de mes partenaires. Maintenant, si le fait de me regarder faire les incite à venir se joindre, oui, cela peut m’exciter. Pour le porno, côté tournage, j’ai très vite appris à oublier l’équipe, hormis le réalisateur ou le directeur pour ses instructions.
Côté spectateur, l’idée que des hommes, ou des femmes (si si, je vous assure) puissent se donner du plaisir en me regardant, je ne vous le cache pas, m’émoustille…
Tu réalises que des centaines d’hommes vont se masturber en te voyant…
Je n’y pense pas systématiquement. Mais quand je le fais ça m’excite. Tout ce sperme lâché !!! Ca me donne des idées…
Fréquentes-tu les clubs libertins ?
Très assidûment pendant des années. Puis la qualité a pris le dessus sur la quantité. La dégradation des clubs de ma région (l’Auvergne) a aussi joué dans ce sens. Mais aussi la qualité des rapports dans le porno. Je suis beaucoup plus sélective. Si je dois retenir quelques clubs en France, il y a tout d’abord le Club La Tentation à Lille, puis le Tantra, suivi du Glamour, au Cap d’Agde. Restent les clubs belges ou hollandais, à un autre niveau…
Tu as déjà fait des scènes lesbiennes ?
Oui, pas mal à ce jour, mais jamais assez ni assez intenses.
Je ne suis bisexuelle que depuis quelque temps, après de longues années exclusivement destinées aux femmes. Hors, pour prendre mon pied, je ne connais que deux méthodes : la privée, pratiquée par les lesbiennes ou vraiment bi. Mais ce serait chiant à regarder pour un spectateur, même amateur de lesbiennes. Ou bien la version porno, mais là je n’ai pas encore trouvé de partenaires suffisamment « givrées » pour m’accompagner sur un projet de gonzo lesbien très hard.
Tu as la réputation de quelqu’un qui aime le sexe très hard, c’est justifié ?
Complètement. Je n’ai pas une sexualité plan-plan dans le privé. Je ne suis pas une crêpe et surtout pas une narcissique pour qui la caméra est un miroir afin de se voir baiser. Le sexe est pour moi un plaisir, une drogue et j’avoue qu’il me faut des doses de cheval. Dans la durée comme dans l’intensité. Je n’imagine pas pouvoir exciter le spectateur en contrôlant tous mes faits et gestes, en me regardant baiser. Si j’avais un partenaire comme ça, je l’enverrais vite bouler ! Je suis assez extrême, j’aime quand ça claque, quand ça cogne, j’aime l’anal à outrance, les DP, les rapports de force…
Tu préfères les films gonzo ou plus traditionnels dans le X ?
J’aime les films scénarisés pour leur manière d’amener une situation. Et pour le plaisir que je peux prendre à jouer la comédie. La seule occasion qui m’est donnée de simuler dans un porno d’ailleurs, du moins en ce qui me concerne. Le gonzo est pour moi le défouloir total. Le vrai sexe tel que je l’entends et tel que je l’aime. Du moins le gonzo à la Evil Angel.
Quelles sont tes performances les plus folles dans le privé ?
Pour certaines, je dirais joker. Mais l’un de mes trips reste la DP, la pluralité masculine et le plaisir de me faire soumettre à des femmes.
Es-tu branchée sex toys ?
Bof. Il faut vraiment que je n’ai rien d’autre sous la main. Ou alors, comme un outil de préparation anale avant une scène ou une sortie en club. De préférence long et large…
Regardais-tu des films X avant d’en faire ?
Quelques-uns. Mais jamais autant que depuis que je tourne. J’adore.
Avec qui as-tu le plus pris du plaisir à tourner comme acteurs ?
La liste est longue. Parmi les français exerçant en France, Tony Carrera pour son côté tactile. JPX pour son côté loufoque. Cherrito pour son caractère. Barrio pour son coup de rein. Pour les français expatriés, Ian Scott (un faux calme, et un engin énorme), Mike Angelo (spécialiste ès sodomie et squirts) et Manu Ferrara, il en impose. Et pour les étrangers testés à ce jour, Zenza Raggi et Omar Galanti pour leur perversité et Steve Holmes pour son engin et son savoir-faire.
La taille du sexe est-elle importante ?
A défaut de savoir-faire, oui. Mais le savoir-faire avec un sexe bien long, épais et surtout bien dur c’est…. Mhhhhhh !
Le X t’a-t-il permis de réaliser certains de tes fantasmes ?
Tout plein de fantasmes en effet. Soumission. Rapports de force. Etre réduite à l’état d’objet. De beaux mecs. De superbes nanas. De beaux décors, des situations perverses…
Et c’est pas fini !
Comment ton entourage vit-il le fait que tu sois actrice porno ?
Je ne le crie pas sur tous les toits. Mes parents ne le savent pas et quand bien même ils l’apprendraient, je m’en contrefiche. J’ai de bons rapports avec eux, mais je suis adulte et vaccinée. Du reste, j’ai un rapport très simple vis-à-vis du porno : que ceux que ça dérange, dégagent. C’était déjà le cas lorsque j’étais lesbienne, puis libertine.
Je n’ai que faire à fréquenter des gens qui ont quelque chose à redire sur mes choix et la manière d’utiliser mon corps…
Quels sont tes projets, en tant qu’actrice ou réalisatrice ?
Réalisatrice certainement pas. C’est un véritable métier qui suppose des compétences techniques et une culture cinématographique que je n’ai pas. Je sais transmettre une émotion en tant qu’actrice, dans l’acte. Et réaliser me frustrerait bien trop ! Donc, en tant qu’actrice, poursuivre mes tournages à l’étranger, chercher à aller encore plus loin dans mes possibilités. Je m’éclate. Les réalisateurs m’apprécient. La reconnaissance suivra, ou pas. Je ne cherche absolument pas la médiatisation.
Les photos choisies pour illustrer l’interview sont extraites du film Bienvenue chez les ch’tites coquines.
Les photos et vidéos de Cécilia Véga
« Précédente interview : Eva Karera
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